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Le 2 avril, le classement mondial de l’ITTF, édité chaque mois, a révélé l’impressionnante progression d’un jeune Français : Adrien Mattenet pointe au 76ème rang mondial grâce à un bond de 32 places. Une entrée fracassante dans le Top 100 mondial tant convoité… Interview
En douze mois, Adrien Mattenet a gagné 166 places dans la hiérarchie mondiale.
Comment vas-tu à l’approche des Mondiaux ?
Adrien Mattenet : Je me sens très bien. On a effectué une super préparation, on s’est entraînés dur. Ce soir (NDLR : l’interview a été réalisée jeudi), je me couche à 21h30 pour un réveil musculaire programmé à 05h20. On prépare le décalage horaire avec le Japon mais ça ne me gêne pas, je suis un lève tôt.
Quelle a été ta réaction lorsque tu as pris connaissance du classement mondial d’avril ?
A.M. : Je dois dire que cela m’est un peu tombé un dessus. Ce fut une véritable surprise car je ne calcule pas les points. Ca ne m’intéresse pas ! Mais là lorsque j’ai vu le premier chiffre, un 7, je me suis dit oh M… ! Je n’en croyais pas mes yeux. J’étais surtout content d’avoir gagné 32 places.
Une surprise ? Mais avec toutes les perfs réalisées tu as gagné 166 places en une année*. C’est considérable…
A.M. : A force de faire des perfs, je dis ça en toute humilité, tu finis pas te dire que tu as le niveau pour aller plus haut. Le tout, c’est de ne pas brûler les étapes. J’ai l’impression qu’il s’agit d’une progression linéaire. Mais bon c’est sûr, j’ai tout de même gagné plus de 100 places en six mois.
Peu, pour ne pas dire personne, te voyait rentrer dans le Top 100. Comment expliques-tu tes progrès et ta régularité ?
A.M. : Le truc, c’est que je viens de débarquer. On ne m’a donc pas beaucoup vu sur le circuit. C’est, selon moi, l’effet surprise qui a joué. De plus, j’ai saisi les occasions dès qu’elles se sont présentées. Maintenant, on va beaucoup plus m’observer.
D’accord mais tu as, par exemple, battu deux fois Yang Zi et réalisé un match énorme sur Samsonov au championnat d’Europe. Et ça tout le monde le sait dans le milieu du ping..
A.M. : Je ne vois pas forcément mes adversaires adopter un comportement spécial face à moi. Mais oui, il y a certainement des changements d’attitude. Juste un exemple. En Serbie, lors de la rencontre de Ligue Européenne. Stéphane Hucliez me dit : "Karakasevic te craint." En effet, c’était vrai, je n’avais pas vu qu’il avait un peu peur de moi.
Au delà de tes évidents progrès techniques et tactiques, quel est ton atout principal ?
A.M. : Je suis polyvalent et j’ai confiance en mon système de jeu. Depuis tout petit, j’ai travaillé tous les secteurs, grâce à Jean-Philippe Renaudin, qui était mon entraîneur à Beauchamp. Il m’a forcé à faire toute sorte de travail plutôt que développer à tout prix un coup fort au détriment du reste.
Et ce revers ligne-droite, si ce n’est pas un coup fort…
A.M. : J’aime bien le revers et c’est vrai que ce revers ligne-droite, je l’ai dans la raquette (rires). Mais il reste beaucoup de travail, le chantier est encore ouvert. Comme je suis moyen partout, je peux travailler plein de secteurs. Je me dis que je peux encore progresser et que je possède une marge intéressante. Avant 25-26 ans, mon jeu ne sera pas complet. C’est mon système de jeu qui veut ça avec plusieurs coups loin d’être parfaits.
Il y a aussi ton physique très solide ?
A.M. : De l’extérieur, ça ne se voit pas forcément (rires). Mais lorsqu’on fait des tests, je suis souvent bien placé malgré mon arrivée tardive à l’Insep (à 20 ans). En fait j’ai toujours travaillé le physique, j’aime vraiment. Mon premier entraîneur à Beauchamp, Julien Le Saux, m’a mis au physique. Dès l’âge de 11-12 ans, il m’a donné envie. A l’époque on faisait déjà des tests VMA, du fractionné. Depuis, j’ai conservé le goût de la course à pieds, j’aime bien courir. Je fais aussi du renforcement musculaire.
Ton parcours atypique avec une arrivée tardive à l’INSEP valide aujourd’hui ton choix de te consacrer au ping ?
A.M. : Il y a trois ans, j’ai mis mes études un peu en stand-by mais je travaille tous les jours, je n’ai pas envie d’arrêter. Je passe actuellement mon BE1 et, après deux ans d’attente où j’ai suivi des cours à la Fac, je vais débuter une formation de 5 ans pour devenir ingénieur en informatique.
L’entrée dans le Top 100, mon engagement avec Pontoise-Cergy font que je suis parti pour une longue carrière. J’ai des rêves et maintenant j’ai des projets de vie : je sais là où je vais. J’attache beaucoup d’importance à mon hygiène de vie, je vie à la salle de ping et les journées sont dures. Je me lève tous les jours à 06h30 - j’ai de la chance d’être du matin - et je travaille avant d’aller à la salle. Les conditions d’hébergement à l’Insep sont magnifiques, je suis bien installé, j’ai ainsi l’esprit libre pour poursuivre mon chemin.
Tu vas donc quitter Beauchamp ?
A.M. : Beauchamp ne repartira pas en Pro B mais de toutes les façons, c’était le moment pour moi de tenter une autre aventure. L’opportunité de Pontoise-Cergy s’est présentée. Le club est ambitieux et les conditions sont intéressantes. Plus que l’argent qui m’apporter un peu de confort, j’ai privilégié l’aspect sportif. J’ai signé pour quatre ans. Avec Chiang Peng-lung et Peter Franz, c’est intéressant. De même, j’ai prolongé mon contrat avec Butterfly qui me suit depuis que j’ai 11 ans. Je suis tranquille sur mon projet, voilà, je suis content. Mon rêve, ce sont les J.O. et de rapporter une médaille pour la France ; je vais tout faire pour.
A quoi faut-il s’attendre à Yokohama ?
A.M. : Le but est de montrer son meilleur tennis de table pendant les grands rendez-vous pour marquer les esprits. On ne fera pas de médailles mais il ne faudra pas faire de contres et aller le plus loin possible.
C’est la première fois qu’une sœur et un frère seront alignés en double mixte sous les couleurs de l’équipe de France…
A.M. : C’est chouette de continuer ensemble. Cela permet aussi de se soutenir. Je n’y vois que des avantages. C’est tout de même la personne qui me connaît le mieux, elle m’aide beaucoup à ne pas changer, à rester humble.
Vous avez beaucoup joué ensemble ?
A.M. : Elle a commencé la première au club de Beauchamp. On habitait à 300 mètres de la salle. Je suis plus jeune de deux ans et j’allais la chercher avec ma mère après l’entraînement au club. C’est comme ça que j’ai commencé à jouer à 6 ans. Il y avait beaucoup de jeunes, donc on ne jouait pas forcément ensemble. A la maison, il y avait une table mais on ne jouait pas beaucoup. D’ailleurs, chez nous, nous parlons finalement assez peu de ping.
Evolution du classement mondial d’Adrien Mattenet :
- Avril 2009 : n°76
- Avril 2008 : n°242
- Avril 2007 : n°311
- Avril 2006 : n°538
Le 2 avril, le classement mondial de l’ITTF, édité chaque mois, a révélé l’impressionnante progression d’un jeune Français : Adrien Mattenet pointe au 76ème rang mondial grâce à un bond de 32 places. Une entrée fracassante dans le Top 100 mondial tant convoité… Interview
En douze mois, Adrien Mattenet a gagné 166 places dans la hiérarchie mondiale.
Comment vas-tu à l’approche des Mondiaux ?
Adrien Mattenet : Je me sens très bien. On a effectué une super préparation, on s’est entraînés dur. Ce soir (NDLR : l’interview a été réalisée jeudi), je me couche à 21h30 pour un réveil musculaire programmé à 05h20. On prépare le décalage horaire avec le Japon mais ça ne me gêne pas, je suis un lève tôt.
Quelle a été ta réaction lorsque tu as pris connaissance du classement mondial d’avril ?
A.M. : Je dois dire que cela m’est un peu tombé un dessus. Ce fut une véritable surprise car je ne calcule pas les points. Ca ne m’intéresse pas ! Mais là lorsque j’ai vu le premier chiffre, un 7, je me suis dit oh M… ! Je n’en croyais pas mes yeux. J’étais surtout content d’avoir gagné 32 places.
Une surprise ? Mais avec toutes les perfs réalisées tu as gagné 166 places en une année*. C’est considérable…
A.M. : A force de faire des perfs, je dis ça en toute humilité, tu finis pas te dire que tu as le niveau pour aller plus haut. Le tout, c’est de ne pas brûler les étapes. J’ai l’impression qu’il s’agit d’une progression linéaire. Mais bon c’est sûr, j’ai tout de même gagné plus de 100 places en six mois.
Peu, pour ne pas dire personne, te voyait rentrer dans le Top 100. Comment expliques-tu tes progrès et ta régularité ?
A.M. : Le truc, c’est que je viens de débarquer. On ne m’a donc pas beaucoup vu sur le circuit. C’est, selon moi, l’effet surprise qui a joué. De plus, j’ai saisi les occasions dès qu’elles se sont présentées. Maintenant, on va beaucoup plus m’observer.
D’accord mais tu as, par exemple, battu deux fois Yang Zi et réalisé un match énorme sur Samsonov au championnat d’Europe. Et ça tout le monde le sait dans le milieu du ping..
A.M. : Je ne vois pas forcément mes adversaires adopter un comportement spécial face à moi. Mais oui, il y a certainement des changements d’attitude. Juste un exemple. En Serbie, lors de la rencontre de Ligue Européenne. Stéphane Hucliez me dit : "Karakasevic te craint." En effet, c’était vrai, je n’avais pas vu qu’il avait un peu peur de moi.
Au delà de tes évidents progrès techniques et tactiques, quel est ton atout principal ?
A.M. : Je suis polyvalent et j’ai confiance en mon système de jeu. Depuis tout petit, j’ai travaillé tous les secteurs, grâce à Jean-Philippe Renaudin, qui était mon entraîneur à Beauchamp. Il m’a forcé à faire toute sorte de travail plutôt que développer à tout prix un coup fort au détriment du reste.
Et ce revers ligne-droite, si ce n’est pas un coup fort…
A.M. : J’aime bien le revers et c’est vrai que ce revers ligne-droite, je l’ai dans la raquette (rires). Mais il reste beaucoup de travail, le chantier est encore ouvert. Comme je suis moyen partout, je peux travailler plein de secteurs. Je me dis que je peux encore progresser et que je possède une marge intéressante. Avant 25-26 ans, mon jeu ne sera pas complet. C’est mon système de jeu qui veut ça avec plusieurs coups loin d’être parfaits.
Il y a aussi ton physique très solide ?
A.M. : De l’extérieur, ça ne se voit pas forcément (rires). Mais lorsqu’on fait des tests, je suis souvent bien placé malgré mon arrivée tardive à l’Insep (à 20 ans). En fait j’ai toujours travaillé le physique, j’aime vraiment. Mon premier entraîneur à Beauchamp, Julien Le Saux, m’a mis au physique. Dès l’âge de 11-12 ans, il m’a donné envie. A l’époque on faisait déjà des tests VMA, du fractionné. Depuis, j’ai conservé le goût de la course à pieds, j’aime bien courir. Je fais aussi du renforcement musculaire.
Ton parcours atypique avec une arrivée tardive à l’INSEP valide aujourd’hui ton choix de te consacrer au ping ?
A.M. : Il y a trois ans, j’ai mis mes études un peu en stand-by mais je travaille tous les jours, je n’ai pas envie d’arrêter. Je passe actuellement mon BE1 et, après deux ans d’attente où j’ai suivi des cours à la Fac, je vais débuter une formation de 5 ans pour devenir ingénieur en informatique.
L’entrée dans le Top 100, mon engagement avec Pontoise-Cergy font que je suis parti pour une longue carrière. J’ai des rêves et maintenant j’ai des projets de vie : je sais là où je vais. J’attache beaucoup d’importance à mon hygiène de vie, je vie à la salle de ping et les journées sont dures. Je me lève tous les jours à 06h30 - j’ai de la chance d’être du matin - et je travaille avant d’aller à la salle. Les conditions d’hébergement à l’Insep sont magnifiques, je suis bien installé, j’ai ainsi l’esprit libre pour poursuivre mon chemin.
Tu vas donc quitter Beauchamp ?
A.M. : Beauchamp ne repartira pas en Pro B mais de toutes les façons, c’était le moment pour moi de tenter une autre aventure. L’opportunité de Pontoise-Cergy s’est présentée. Le club est ambitieux et les conditions sont intéressantes. Plus que l’argent qui m’apporter un peu de confort, j’ai privilégié l’aspect sportif. J’ai signé pour quatre ans. Avec Chiang Peng-lung et Peter Franz, c’est intéressant. De même, j’ai prolongé mon contrat avec Butterfly qui me suit depuis que j’ai 11 ans. Je suis tranquille sur mon projet, voilà, je suis content. Mon rêve, ce sont les J.O. et de rapporter une médaille pour la France ; je vais tout faire pour.
A quoi faut-il s’attendre à Yokohama ?
A.M. : Le but est de montrer son meilleur tennis de table pendant les grands rendez-vous pour marquer les esprits. On ne fera pas de médailles mais il ne faudra pas faire de contres et aller le plus loin possible.
C’est la première fois qu’une sœur et un frère seront alignés en double mixte sous les couleurs de l’équipe de France…
A.M. : C’est chouette de continuer ensemble. Cela permet aussi de se soutenir. Je n’y vois que des avantages. C’est tout de même la personne qui me connaît le mieux, elle m’aide beaucoup à ne pas changer, à rester humble.
Vous avez beaucoup joué ensemble ?
A.M. : Elle a commencé la première au club de Beauchamp. On habitait à 300 mètres de la salle. Je suis plus jeune de deux ans et j’allais la chercher avec ma mère après l’entraînement au club. C’est comme ça que j’ai commencé à jouer à 6 ans. Il y avait beaucoup de jeunes, donc on ne jouait pas forcément ensemble. A la maison, il y avait une table mais on ne jouait pas beaucoup. D’ailleurs, chez nous, nous parlons finalement assez peu de ping.
Evolution du classement mondial d’Adrien Mattenet :
- Avril 2009 : n°76
- Avril 2008 : n°242
- Avril 2007 : n°311
- Avril 2006 : n°538
