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Jean-Michel Carquin est un nostalgique. Il a le spleen des temps anciens, quand le tennis de table se jouait avec une palette en bois et un seul type de revêtement.
L’authenticité
Il n’y a rien de tel. Au tennis de table, elle s’appelle hardbat, la discipline des années quarante. C’était le temps où tout le monde jouait avec le même matériel : une palette en bois et un revêtement identique, sans mousse intercalée entre les deux.
Ce ping à papa, voire à grand-papa, retrouve une seconde jeunesse. Le mouvement a été impulsé dans les années soixante-dix aux Etats-Unis. Il a pris son temps pour franchir l’Atlantique, mais l’élan est donné au Royaume-Uni, en Belgique et France où le n° 1 national est marnais.
Jean-Michel Carquin (ASC Châlons) domine la discipline depuis l’instauration d’une hiérarchie nationale il y a deux ans. Visite guidée avec ce vétéran des tables qui a débuté il y a 28 ans sous les ordres d’Olivier Andréone. L’attaquant d’aujourd’hui était alors « picoteur » et défenseur.
Le matériel
En compétition FFTT, « Jean-Mi » utilise une raquette avec deux faces lisses posées sur 2 mm de mousse tendre. « Cela favorise le jeu en rotation, explique-t-il. La mousse dure privilégie la vitesse. » Les combinaisons sont multiples entre revêtements à picots longs, mi-longs, anti-top… Au hardbat, rien de cela puisque c’est plaque de bois et picots courts pour tout le monde.
Les sensations
Pour Carquin, elles se résument au bonheur. « On en prend plus au hardbat et beaucoup plus vite. On peut s’éclater même si on est un peu moins en forme. Au tennis de table FFTT, si on n’est pas à 100 %, on ne gère rien parce que le matériel est plus sophistiqué. Si tout est déréglé, il n’y a plus aucun plaisir. »
Le calendrier
Des épreuves existent depuis longtemps aux Etats-Unis (US Open à Hollywood ou Open City de New-York). En Europe, le mouvement s’est implanté plus tardivement. En France, la discipline est en essor avec des tournois organisés d’abord en Lorraine, dans le Nord et désormais dans douze régions. Dans la Marne, Châlons et Taissy avaient une série hardbat à leur tournoi de printemps. Ce calendrier de plus en plus étoffé est vu avec indifférence par la FFTT.
Le classement
En France, le hardbat ne connaît qu’un leader. Jean-Michel Carquin a passé le cap des 100 matches hier à Calais et reste invaincu sur le territoire national. Il n’a été battu qu’en Belgique. Un mal pour un bien. « On me rabâchait que j’étais invaincu et c’était lassant. Cela reste vrai en France, mais je n’en tire aucune gloire », rappelle Carquin qui voit un intérêt à son invincibilité. « J’ai l’impression que me battre devient un défi. J’aimerais que cela incite quelques joueurs renommés à nous rejoindre. » En les attendant, Carquin rêve d’un autre terrain de jeu. Il aimerait partir à la conquête des Etats-Unis. « Mais cela coûte cher et on ne gagne rien avec le hardbat. »
Les projets
L’association Hardbat France nourrit plusieurs ambitions. Elle rêve de passer en septembre la barre des 1.000 classés (un joueur est référencé dès son premier match). Un autre projet est avancé : un tournoi des gentlemen associant joueurs pros et hardbatteurs au profit de l’association humanitaire Ping Sans Frontière est prévu pour l’été prochain.
Enfin, moins abouti, il y a ce rêve d’un championnat d’Europe des nations. La France défierait la Belgique, l’Angleterre, la Suisse, l’Italie et d’autres. Mais pas avant la fin 2010.
Retour aux vraies valeurs Agrandir la photo Le hardbat requiert plus de technique et tactique que le tennis de table « classique ».
Philippe LAUNAY
Autre article paru le même jour
Né dans les années 70 aux Etats-Unis, le mouvement hardbat (*) prône le retour du tennis de table pratiqué uniquement avec des raquettes à picots courts sans mousse.
Picot court veut dire une hauteur voisine de 1,5 mm. « Le bois doit être naturel, sans carbone ni fibre de verre ou acrylate », ajoute Jean-Michel Carquin.
Sans l’adhérence, la vitesse et la rotation générées par les revêtements backside modernes, la différence entre les joueurs ne se fait donc pas sur le matériel, mais sur la tactique et la technique », indique encore le site internet de référence.
« Dix fois plus de plaisir »
Aujourd’hui, plus de 700 joueurs sont recensés dans le classement national. Il est édité par l’association Hardbat France, présidée par le Lorrain Francis Leibenguth et coprésidée par Jean-Michel Carquin.
Les matches se jouent en sets de 21 points avec changement de serveur tous les cinq points.
« Avec ce matériel, il n’y a pas d’autres effets que ceux que l’on a mis, insiste « Jean-Mi ». Les échanges sont plus longs, plus spectaculaires. Pour ainsi dire, ce n’est plus le même sport. Je prends dix fois plus de plaisir en hardbat. »
Pour pas loin de cent fois moins cher puisqu’une raquette achetée en grande surface suffit. Dans le commerce, elle est étiquetée à environ 5 euros.
Ph.L.
(*) Aussi appelé tennis de table classique sur le site hardbat.france.free.fr, la bible des hardbatteurs.
Jean-Michel Carquin est un nostalgique. Il a le spleen des temps anciens, quand le tennis de table se jouait avec une palette en bois et un seul type de revêtement.
L’authenticité
Il n’y a rien de tel. Au tennis de table, elle s’appelle hardbat, la discipline des années quarante. C’était le temps où tout le monde jouait avec le même matériel : une palette en bois et un revêtement identique, sans mousse intercalée entre les deux.
Ce ping à papa, voire à grand-papa, retrouve une seconde jeunesse. Le mouvement a été impulsé dans les années soixante-dix aux Etats-Unis. Il a pris son temps pour franchir l’Atlantique, mais l’élan est donné au Royaume-Uni, en Belgique et France où le n° 1 national est marnais.
Jean-Michel Carquin (ASC Châlons) domine la discipline depuis l’instauration d’une hiérarchie nationale il y a deux ans. Visite guidée avec ce vétéran des tables qui a débuté il y a 28 ans sous les ordres d’Olivier Andréone. L’attaquant d’aujourd’hui était alors « picoteur » et défenseur.
Le matériel
En compétition FFTT, « Jean-Mi » utilise une raquette avec deux faces lisses posées sur 2 mm de mousse tendre. « Cela favorise le jeu en rotation, explique-t-il. La mousse dure privilégie la vitesse. » Les combinaisons sont multiples entre revêtements à picots longs, mi-longs, anti-top… Au hardbat, rien de cela puisque c’est plaque de bois et picots courts pour tout le monde.
Les sensations
Pour Carquin, elles se résument au bonheur. « On en prend plus au hardbat et beaucoup plus vite. On peut s’éclater même si on est un peu moins en forme. Au tennis de table FFTT, si on n’est pas à 100 %, on ne gère rien parce que le matériel est plus sophistiqué. Si tout est déréglé, il n’y a plus aucun plaisir. »
Le calendrier
Des épreuves existent depuis longtemps aux Etats-Unis (US Open à Hollywood ou Open City de New-York). En Europe, le mouvement s’est implanté plus tardivement. En France, la discipline est en essor avec des tournois organisés d’abord en Lorraine, dans le Nord et désormais dans douze régions. Dans la Marne, Châlons et Taissy avaient une série hardbat à leur tournoi de printemps. Ce calendrier de plus en plus étoffé est vu avec indifférence par la FFTT.
Le classement
En France, le hardbat ne connaît qu’un leader. Jean-Michel Carquin a passé le cap des 100 matches hier à Calais et reste invaincu sur le territoire national. Il n’a été battu qu’en Belgique. Un mal pour un bien. « On me rabâchait que j’étais invaincu et c’était lassant. Cela reste vrai en France, mais je n’en tire aucune gloire », rappelle Carquin qui voit un intérêt à son invincibilité. « J’ai l’impression que me battre devient un défi. J’aimerais que cela incite quelques joueurs renommés à nous rejoindre. » En les attendant, Carquin rêve d’un autre terrain de jeu. Il aimerait partir à la conquête des Etats-Unis. « Mais cela coûte cher et on ne gagne rien avec le hardbat. »
Les projets
L’association Hardbat France nourrit plusieurs ambitions. Elle rêve de passer en septembre la barre des 1.000 classés (un joueur est référencé dès son premier match). Un autre projet est avancé : un tournoi des gentlemen associant joueurs pros et hardbatteurs au profit de l’association humanitaire Ping Sans Frontière est prévu pour l’été prochain.
Enfin, moins abouti, il y a ce rêve d’un championnat d’Europe des nations. La France défierait la Belgique, l’Angleterre, la Suisse, l’Italie et d’autres. Mais pas avant la fin 2010.
Retour aux vraies valeurs Agrandir la photo Le hardbat requiert plus de technique et tactique que le tennis de table « classique ».
Philippe LAUNAY
Autre article paru le même jour
Né dans les années 70 aux Etats-Unis, le mouvement hardbat (*) prône le retour du tennis de table pratiqué uniquement avec des raquettes à picots courts sans mousse.
Picot court veut dire une hauteur voisine de 1,5 mm. « Le bois doit être naturel, sans carbone ni fibre de verre ou acrylate », ajoute Jean-Michel Carquin.
Sans l’adhérence, la vitesse et la rotation générées par les revêtements backside modernes, la différence entre les joueurs ne se fait donc pas sur le matériel, mais sur la tactique et la technique », indique encore le site internet de référence.
« Dix fois plus de plaisir »
Aujourd’hui, plus de 700 joueurs sont recensés dans le classement national. Il est édité par l’association Hardbat France, présidée par le Lorrain Francis Leibenguth et coprésidée par Jean-Michel Carquin.
Les matches se jouent en sets de 21 points avec changement de serveur tous les cinq points.
« Avec ce matériel, il n’y a pas d’autres effets que ceux que l’on a mis, insiste « Jean-Mi ». Les échanges sont plus longs, plus spectaculaires. Pour ainsi dire, ce n’est plus le même sport. Je prends dix fois plus de plaisir en hardbat. »
Pour pas loin de cent fois moins cher puisqu’une raquette achetée en grande surface suffit. Dans le commerce, elle est étiquetée à environ 5 euros.
Ph.L.
(*) Aussi appelé tennis de table classique sur le site hardbat.france.free.fr, la bible des hardbatteurs.



