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L'Union du 9 mars 2009 - Ozer un pari pour l'ORTT

 
Un renfort de choix


Pour grandir, l’Olympique rémois mise sur l’ex-DTN belge, Jacques Ozer. Le père de Cécile débutera sur le banc demain avec un derby contre Saint-Quentin en guise de baptême.
PREVUE demain, la 13e journée de Pro B fera date. A plus d’un titre. Elle marque les retrouvailles en Champagne entre Reims et Saint-Quentin pour un derby qui désignera celui qui accompagnera Marmande en Pro A.
Avec deux points d’avance, le TTSQ a pris une option. L’ORTT qui s’y était frotté et piqué en 2007-2008 n’a d’ailleurs pas fait de la remontée une obsession.

Surtout, ce mardi 10 marque l’entrée en fonction de Ozer en Pro B. Pas Cécile qui, comme on dit en Belgique, attend famille. Un petit garçon qui rejoindra les deux premières filles de cette jolie maman de 34 ans. Si ce n’est elle, c’est donc son père. L’ancien capitaine des seniors filles de Belgique siégera à côté de Cyril Mayeux qui doit tirer profit de l’expérience d’un garçon qui a multiplié le coaching international pendant quinze saisons.

Histoire de l’arrivée de ce « monstre sacré » à René-Tys.

A 61 ans, Jacques Ozer n’avait pas prévu de reprendre du service, quarante-et-un ans après ses débuts, chez lui à Heusy. Là-bas, dans la province de Liège, il a fondé le club. De là est né un engagement tout entier consacré à la formation. Devenu joueur honnête au plan national, Jacques Ozer s’est surtout distingué par ses talents d’éducateur, de « faiseur » de talents. Ses protégés ont multiplié les titres chez les jeunes à l’image du petit dernier Julien Inderherberg, lauréat d’un Top cadets européen, ou de… Cécile, sa fille. Des résultats qui l’ont naturellement amené à travailler avec les instances fédérales. Jacques Ozer dirige durant quinze ans l’équipe de Belgique féminine, finaliste de la Ligue européenne et pensionnaire de la D1 mondiale.

Depuis deux ans, cet enseignant de profession est au chômage technique dans son pays. Son activité pongiste ? Supporter à plein-temps de Cécile et de l’ORTT. Voir René-Tys arpenté par une telle expertise ne pouvait que tenter le club qui avait besoin d’une compétence nouvelle. Du métier pour épauler le généreux et volontaire Cyril Mayeux. L’entraîneur du club, homme à tout faire, a fini par en avoir trop sur les épaules. La licence de Tong Hao oubliée le soir du match à Serris en janvier (sous les yeux de Jacques Ozer venu en supporter) a constitué l’élément déclencheur. « Ce mardi-là, il s’est imposé comme une évidence qu’il fallait aider Cyril », assure le président Cézard. La collaboration démarre sur les ruines de ce funeste mardi qui pourrait bien coûter deux points à l’ORTT. L’affaire de cette licence est en suspens.

Les deux parties sont désormais liées, au moins jusqu’en juin. Pour quoi faire ? Thierry aimerait faire de Jacques un directeur sportif. Jacques Ozer est prêt à enfiler le costume mais à partir de septembre seulement. Officiellement, rien n’est fait mais c’est tout comme : « Il y a dans ce club un enthousiasme à pleurer, des structures extraordinaires, des gamins doués et une volonté de les faire progresser. » Bref, tout ce que recherche l’ancien DTN belge. Au boulot !

« Cyril ira loin »

A tous ceux qui verraient dans son arrivée une mise sous tutelle de Cyril Mayeux, Jacques Ozer apporte un démenti. L’ancien veut aider le jeune à grandir. « A la place de Cyril, je suis sûr qu’ils auraient été nombreux à refuser mon arrivée. Lui a accepté. Il a voulu que l’on travaille ensemble parce qu’il sait qu’il doit encore apprendre. Il a cette honnêteté, cette modestie et c’est pour cela qu’il ira loin dans le coaching.
A contraire de ceux qui prétendent tout savoir », prévient Jacques Ozer qui définit lui-même les rôles tenus dès demain. « Je ferai remarquer certaines choses à Cyril. Mais c’est lui qui parlera aux filles », assure le Belge qui veut instaurer un lien quasi filial avec l’entraîneur en place. Ils se compléteront. Le vétéran belge avec ses méthodes faites de notes gribouillées sur un carnet noir façon Aimé Jacquet. La pointe du stylo quitte rarement la feuille quand le minot champenois n’écrit rien. Son management est tout au feeling.

Philippe Launay

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